L'histoire de l'église et de la paroisse

La chapelle a de belles dimensions : 9 mètres 46 ”lignes carrées” de long et le choeur 4 mètres 86 ”lignes carrées”. Un siècle après sa construction de la chapelle, José devient paroisse succursale, le 11 juillet 1842, par décret épiscopal de Mgr Van Bommel qui, à cette occasion, détermine avec précision les limites de la paroisse.

”La circonscription de la paroisse est formée au Nord à partir de la limite de la commune de Melen, suivant les limites de la paroisse de Bolland jusqu’au chemin de la spinette au chêne ; de là, suivant une ligne droite passant au nord de la maison Wassenne qui sera ainsi comprise dans la circonscription de José, ensuite suivant une autre ligne droite partant de l’angle le plus saillant de la maison Wassenne et aboutissant à la chaussée de Liège à l’endroit où se trouve la maison Penay, qu’elle laissera en dehors des limites de José. Au levant par la chaussée de Liège à Herve jusqu’au ruisseau d'Hubertfays en comprenant les maisons bâties ou à bâtir sises des deux côtés de la chaussée. Au midi par la chaussée en comprenant seulement les maisons sises du côté de José jusqu’aux limites de Xhendelesse, ensuite par cette dernière commune. Au couchant, par les communes de Xhendelesse et de Melen”.
En 1848 on construit un jubé aux frais du curé et de quelques paroissiens.


C’est le bourgmestre Michel Cheslet qui sera chargé de s’occuper de la construction du presbytère sur le terrain situé en face de la chapelle cédée par Anne-Marie de Fromenteau veuve de Toussaint Joris habitant de l’autre côté du chemin. Sa maison existe encore de nos jours ornée au-dessus de la porte d’une pierre armoriée avec le nom de la famille!


Le 15 juin 1760, l’assemblée de la communauté en prend la décision. Le fils aîné du bourgmestre, ordonné prêtre, pose sa candidature pour desservir la chapelle. L’adjudication a lieu le 18 juillet 1763, approuvée par le doyen du Chapitre de la cathédrale, le 4 août, le siège épiscopal étant vacant.
Il est temps de construire si l’on veut encore jouir du legs d’OliVier Leclercq mort le 28 avril 1754, qui a cédé par testament entre autre : 100 écus (400 fl.bb.) à la chapelle de José à remettre 3 mois après son décès entre les mains de son neveu N. Spirlet. Cette somme doit servir à payer les journées des maçons et autres choses nécessaires lorsque l’on construira le presbytère du vicaire desservant de la chapelle. Ce bâtiment doit être construit dans un délai de 10 ans sinon les 100 écus reviennent aux héritiers. Le presbytère sera réparé et agrandi en 1845.


En 1854, vu l’augmentation de la population, la chapelle est devenue trop exiguë et on y ajoute une nef romane et une sacristie. La première pierre est posée le 10 juin l854. L’entrepreneur est Léopold Lacroix de Soiron.

A l‘occasion de l’agrandissement de la chapelle on y ajoute deux autels latéraux en plâtre et une cloche de 88 kilos. En 1858 on procède à la peinture de l'intérieur de la chapelle; en 1859 la fabrique d’église achète à Xhendelesse pour la somme de trente-cinq francs un tableau pour le maître autel représentant Saint Thomas d’Aquin, peint par Delcloche en 1743 et en 1864 s'opère une transformation intérieure : renouvellement du pavé, des bancs et placement d’autels latéraux et de stalles en chêne.




En 1887 la paroisse compte 450 paroissiens de José et 84 des Xhawirs.
Cinquante ans après, la vieille chapelle plus que centenaire devient caduque et même agrandie, s’avère trop petite. Il faut songer à construire une nouvelle église. C’est ce que demande l’évêque de Liège Mgr Rutten à l'abbé Emile Moréas qu’il vient de nommer à la cure de José le 20 juin 1902.


Un an après le temps de faire connaissance de sa paroisse, le nouveau curé entame la récolte des fonds nécessaires. Ce n’est pas une mince affaire. Il lui faudra 65.000 frs : l'évêque lui en offre 1.000 au départ. En cinq ans, c’est avec patience et ténacité qu’il devra trouver le reste. Qu’on en juge d’après la note qu’il laisse dans le livre curial :

"Les paroissiens se montrent généreux. Les ouvriers s’inscrivent pour payer 20, 30, 50 centimes par mois; les fermiers donnent en deux ou trois fois des sommes variant entre 60 et 200 francs."

Personnellement le curé multiplie les prédications et les collectes dans toutes les paroisses du Pays de Herve et au-delà. Il va sonner à toutes les portes. Ainsi il obtient du conseil communal de Battice un subside de 11.000 frs et l’usage de la place devant la chapelle. Il obtient de l’administration des charbonnages des Xhawirs, en vue de prévenir des dégâts miniers, une subvention de 9.000 frs pour incorporer 17.000 kilos de fer en barre dans le béton des fondations de l’église.

Comme l’ancienne chapelle cache en partie la belle vue dont on jouit de la maison Dartois, le curé propose à Mr Dartois et à sa fille d’avancer la nouvelle église de 5 mètres vers le presbytère afin de dégager la vue. Par ce fait une parcelle de terrain de 90 mètres carrés deviendrait propriété
Dartois moyennant l’échange d’une parcelle équivalente le long du jardin du presbytère et moyennant une somme de 5.000 frs que Mademoiselle Dartois s’engage à donner à l’insu de son père. Enfin le gouvernement habilement sollicité alloue 13.000 frs.

Les plans avaient été dressés en 1907 par l'architechte Ch. Philipart de Herve. Ce fut le curé Emile Moréas qui, chargé par l'Evêque de construire cette église, recueillit tous les fonds nécessaires, ce qui n'était pas tâche facile dans une paroisse en grande partie ouvrière. Mais cependant, le curé, très érudit et très estimé de ses paroissiens parvint à son but malgré toutes les difficultés.

En 1908, le premier vendredi de juin, on se met à démolir la chapelle, puis la construction démarre et, moins d’un an après, le 19 février 1909, l’église est inaugurée dans la joie d’autant plus grande des paroissiens qu’ils ont dû, durant un dur hiver, assister aux offices dans une annexe prolongée par des planches dans la ferme Dartois.

La consécration de la nouvelle église aura lieu le 22 juin 1911. Le patron en est toujours St Antoine l’ermite et en second lieu St Joseph. L’embellissement se fera progressivement. En 1909 on achète une seconde cloche, de 125 kg. (parrain Barthélemy Cabay et marraine Mme Collinet). Elle sera enlevée pour les Allemands le 15 février 1944 par la firme Van Campenhout de Bruxelles.

 En 1910 on place le maître-autel en marbre noir et en 1911 le curé note :
"J’ai remplacé les statues de plâtre qui se trouvaient à l ’église par des statues en bois trouvées chez les paroissiens. Je les ai fait polychromer pour 210 frs. " Il s’agit de jolies statuettes du XVIIIe siècle de Ste Barbe, St Michel, St Roch, St Léonard et St Gilles."

De style ogival, elle est flanquée d'une tour peu originale. Elle est d'un seul berceau et est en moellons des carrières de la Gilleppe.


En 1912, les orgues provenant de l’église de Battice qui les a achetés à une ancienne église, seront réparés et en 1913 on élèvera deux autels latéraux.


Malgré les précautions prises à la construction, des dégâts miniers vont se manifester et amener une restauration en 1930 et une réparation du clocher en 1965.

L'église a perdu, de nos jours, sa flèche posée sur deux pans triangulaires. Cela n'empêche pas le sanctuaire de donner, au centre du village, une unité architecturale à l'ensemble de celui-ci. Il garde beaucoup de charme malgré cette présence autoroutière à ses côtés et de la ligne du TGV.